

Y COMME YEUSE « Côme se tenait volontiers dans le feuillage ondulé des chênes verts (qu’en parlant de notre parc j’ai pompeusement nommés des yeuses, sans doute sous l’influence du noble langage recherché de notre père) ; il aimait leur écorce crevassée qu’il enlevait par plaques, du bout des doigts, quand il était préoccupé, non pour faire instinctivement du mal, mais comme pour aider l’arbre dans son long labeur de renouvellement. » Italo Calvino, Le Baron perché, 1957 [ + ]
Y COMME YEUSE
« Côme se tenait volontiers dans le feuillage ondulé des chênes verts (qu’en parlant de notre parc j’ai pompeusement nommés des yeuses, sans doute sous l’influence du noble langage recherché de notre père) ; il aimait leur écorce crevassée qu’il enlevait par plaques, du bout des doigts, quand il était préoccupé, non pour faire instinctivement du mal, mais comme pour aider l’arbre dans son long labeur de renouvellement. »
Italo Calvino, Le Baron perché, 1957
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B COMME BÉTON Le paysage de la côte d’Azur est le plus souvent regardé comme un désastre : l’urbanisation des cinquante dernières années a irrémédiablement gâché de sublimes points de vue, cadre de villégiature de quelques « happy-few », tel que le montre Alfred Hitchcock dans La main au collet (1955) où ces splendides paysages sont la toile de fond des périples en décapotable de Grace Kelly et Cary Grant. Plus à l’Ouest, c’est la côte languedocienne dont le désert lagunaire et poétique a été envahi dans les années 1960, et de façon planifiée par le gouvernement, par les stations balnéaires nouvelles du tourisme de masse et de sa galaxie de campings. [ + ]
B COMME BÉTON
Le paysage de la côte d’Azur est le plus souvent regardé comme un désastre : l’urbanisation des cinquante dernières années a irrémédiablement gâché de sublimes points de vue, cadre de villégiature de quelques « happy-few », tel que le montre Alfred Hitchcock dans La main au collet (1955) où ces splendides paysages sont la toile de fond des périples en décapotable de Grace Kelly et Cary Grant. Plus à l’Ouest, c’est la côte languedocienne dont le désert lagunaire et poétique a été envahi dans les années 1960, et de façon planifiée par le gouvernement, par les stations balnéaires nouvelles du tourisme de masse et de sa galaxie de campings. Le littoral méditerranéen est vu nostalgiquement comme un paradis perdu, preuve s’il en est, des dégâts causés par un certain type d’urbanisation.
[ - ]Désir de bureaux Le monde du bureau est en crise, et l’architecture peine à repenser un produit immobilier qui ne s’adapte pas aux attentes des employés et aux nouvelles formes du travail. Il y a peu de temps encore, le télétravail apparaissait comme une solution. [ + ]
Désir de bureaux
Le monde du bureau est en crise, et l’architecture peine à repenser un produit immobilier qui ne s’adapte pas aux attentes des employés et aux nouvelles formes du travail.
Il y a peu de temps encore, le télétravail apparaissait comme une solution. Longtemps attendu des salariés, il s’est immiscé dans le quotidien de millions de français en 2020, précipité par la crise sanitaire du COVID-19. S’il s’accompagne d’une réduction du temps de transport appréciable, la porosité entre la vie personnelle et la vie professionnelle semble entraver la créativité et distendre les liens d’équipes, voire annihiler le sentiment d’appartenance et la culture d’entreprise. Aujourd’hui, 45% des salariés se disent désenchantés par le 100% télétravail.
La fragmentation du bureau, dissout dans l’espace domestique ou du loisir, n’est pas la solution. Il convient plutôt d’envisager des modalités de travail flexibles réparties en trois temps : télétravail (ou home office), « nomadisme » (déplacements chez des clients, transports, travail en coworking ou dans des tiers-lieux) et bureau (comme lieu destiné à assurer la cohésion de l’entreprise, l’innovation et la sociabilité), qui esquissent le triptyque du travailleur du 21e siècle.
Le désir de bureau refait donc surface, métamorphosé, au moment même où ses détracteurs lui prédisaient une mort certaine. C’est une opportunité à saisir pour intensifier la vie collective et permettre à chacun de trouver sa place, au sens propre comme au sens symbolique. Il est urgent réévaluer l’importance du bureau, afin d’éviter l’écueil qui voudrait que l’on travaille à la fois partout et nulle part.
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N COMME NUIT Les signes, mes repères se dissolvent dans la nuit et son brouillard. La matière n’est qu’une, sombre et sans relief. [ + ]
N COMME NUIT
Les signes, mes repères se dissolvent dans la nuit et son brouillard. La matière n’est qu’une, sombre et sans relief. La nuit, la rue distribue mes souvenirs. Mon regard réunit ces deux mondes qui s’opposent tandis que la vie des autres, sous les feux des fenêtres qui s’accumulent, prend toute sa place.
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