

Désir de bureaux Le monde du bureau est en crise, et l’architecture peine à repenser un produit immobilier qui ne s’adapte pas aux attentes des employés et aux nouvelles formes du travail. Il y a peu de temps encore, le télétravail apparaissait comme une solution. [ + ]
Désir de bureaux
Le monde du bureau est en crise, et l’architecture peine à repenser un produit immobilier qui ne s’adapte pas aux attentes des employés et aux nouvelles formes du travail.
Il y a peu de temps encore, le télétravail apparaissait comme une solution. Longtemps attendu des salariés, il s’est immiscé dans le quotidien de millions de français en 2020, précipité par la crise sanitaire du COVID-19. S’il s’accompagne d’une réduction du temps de transport appréciable, la porosité entre la vie personnelle et la vie professionnelle semble entraver la créativité et distendre les liens d’équipes, voire annihiler le sentiment d’appartenance et la culture d’entreprise. Aujourd’hui, 45% des salariés se disent désenchantés par le 100% télétravail.
La fragmentation du bureau, dissout dans l’espace domestique ou du loisir, n’est pas la solution. Il convient plutôt d’envisager des modalités de travail flexibles réparties en trois temps : télétravail (ou home office), « nomadisme » (déplacements chez des clients, transports, travail en coworking ou dans des tiers-lieux) et bureau (comme lieu destiné à assurer la cohésion de l’entreprise, l’innovation et la sociabilité), qui esquissent le triptyque du travailleur du 21e siècle.
Le désir de bureau refait donc surface, métamorphosé, au moment même où ses détracteurs lui prédisaient une mort certaine. C’est une opportunité à saisir pour intensifier la vie collective et permettre à chacun de trouver sa place, au sens propre comme au sens symbolique. Il est urgent réévaluer l’importance du bureau, afin d’éviter l’écueil qui voudrait que l’on travaille à la fois partout et nulle part.
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C COMME CULTURE « Qu’est-ce que la Méditerranée ? Mille choses à la fois, non pas un paysage, mais d’innombrables paysages, non pas une mer, mais une succession de mers, non pas une civilisation, mais des civilisations entassées les unes sur les autres. [ + ]
C COMME CULTURE
« Qu’est-ce que la Méditerranée ? Mille choses à la fois, non pas un paysage, mais d’innombrables paysages, non pas une mer, mais une succession de mers, non pas une civilisation, mais des civilisations entassées les unes sur les autres. Voyager en Méditerranée, c’est trouver le monde romain au Liban, la préhistoire en Sardaigne, les villes grecques en Sicile, la présence arabe en Espagne, l’Islam turc en Yougoslavie. C’est plonger au plus profond des siècles, jusqu’aux constructions mégalithiques de Malte ou jusqu’aux pyramides d’Égypte. C’est rencontrer de très vieilles choses, encore vivantes, qui côtoient l’ultra-moderne : à côté de Venise, faussement immobile, la lourde agglomération industrielle de Mestre ; à côté de la barque du pêcheur, qui est encore celle d’Ulysse, le chalutier dévastateur des fonds marins ou les énormes pétrolières. C’est tout à la fois, s’immerger dans l’archaïsme des mondes insulaires et s’étonner devant l’extrême jeunesse de très vieilles villes ouvertes à tous les vents de la culture et des profits qui depuis des siècles, surveillent et mangent la mer. Tout cela, parce que la Méditerranée est un très vieux carrefour. Depuis des millénaires tout a conflué vers elle, brouillant, enrichissant son histoire : homme, bêtes, voitures, marchandises, navires, idées, religions, arts de vivre. »
Braudel, La Méditerranée, tome 1, 1949
[ - ]Cela fait bien longtemps que la vie publique s’est déplacée dans les centres commerciaux, les restaurants, les hôtels, les bars ou les cinémas des zones d’activités. De quoi les faire enfin « figurer parmi les lieux dignes de représentation » (Ernaux). [ + ]
Cela fait bien longtemps que la vie publique s’est déplacée dans les centres commerciaux, les restaurants, les hôtels, les bars ou les cinémas des zones d’activités. De quoi les faire enfin « figurer parmi les lieux dignes de représentation » (Ernaux). La littérature ne s’y trompe pas : des autrices et des auteurs comme Annie Ernaux, Alexandre Labruffe, David Lopez, Fanny Taillandier ou Nicolas Mathieu, entre autres, cherchent en effet à les documenter, voire à les esthétiser. Ils portent un regard bienveillant sur les zones d’activités et décrivent l’expérience de ces supposés non-lieux, tenus symptomatiquement responsables de la prétendue mocheté de la France. Il faut dire que d’un point de vue urbain, les zones d’activités paraissent encore trop souvent marquées du sceau de leurs intentions originelles : un zoning laissant peu de place à la mixité fonctionnelle, des ambiances et des architectures génériques, des qualités urbaines discutables, des préoccupations environnementales inexistantes, des sols artificialisés à outrance ; le paradis de la voiture, qui règne en maître sur des espaces dont sont partiellement privés les piétons.
[ - ]« Le droit est une donnée indispensable, essentielle, dans la faisabilité et la réalisation d’un projet. En droit de l’urbanisme, le procès revêt un enjeu de blocage mais de moins en moins un enjeu couperet d’annulation. [ + ]
« Le droit est une donnée indispensable, essentielle, dans la faisabilité et la réalisation d’un projet. En droit de l’urbanisme, le procès revêt un enjeu de blocage mais de moins en moins un enjeu couperet d’annulation. En revanche, se greffe aujourd’hui sur des enjeux d’urbanisme une problématique d’acceptabilité sociale et environnementale. Il ne suffit plus que le projet soit d’intérêt général et qu’il permette donc des actes contraignants tels que l’expropriation, la préemption, la modification unilatérale des droits à construire – ce que permet démocratiquement et légalement un document d’urbanisme. Il y a un réel enjeu d’acceptabilité sociale des politiques locales, qui est complètement décoléré de la définition que l’on avait classiquement de l’intérêt général – non pas la somme des intérêts particuliers mais un intérêt supérieur qui participe au vivre-ensemble et à faire prévaloir le long terme. En somme, il ne suffit pas qu’un projet relève de l’intérêt général, qu’il soit légal ou démocratiquement validé pour qu’il soit réalisable, ou, comme le disait Bruno Latour, pour qu’il puisse « atterrir ». Voilà ce dont il faut être conscient pour appréhender la mutation des zones d’activités : l’intérêt général est obsolète. »
Bernard Cazin, Avocat spécialisé en droit de l’urbanisme, entretien du 22 juin 2023
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E COMME ÉNERGIE « Tout était paisible. La hauteur des murs entretenait là une fraîcheur propice aux parfums de verdure. [ + ]
E COMME ÉNERGIE
« Tout était paisible. La hauteur des murs entretenait là une fraîcheur propice aux parfums de verdure. »
Jean Giono, Le Hussard sur le toit, 1951
[ - ]W COMME WAGON Si on calque le dispositif du Shinkansen le long de la côte japonaise qui relie Tokyo à Osaka en 2h30, Gènes et Barcelone pourraient être reliées en moins de 4h par une desserte rapide tout en desservant les grandes villes intermédiaires. C’est un projet urgent à réaliser, car il ouvre de nouvelles possibilités d’échanges et de déplacements transversaux qui modifieraient en profondeur la perception du territoire. [ + ]
W COMME WAGON
Si on calque le dispositif du Shinkansen le long de la côte japonaise qui relie Tokyo à Osaka en 2h30, Gènes et Barcelone pourraient être reliées en moins de 4h par une desserte rapide tout en desservant les grandes villes intermédiaires. C’est un projet urgent à réaliser, car il ouvre de nouvelles possibilités d’échanges et de déplacements transversaux qui modifieraient en profondeur la perception du territoire. C’est un plan de refonte radical de la carte des transports qui peut enfin donner vie à des potentialités que tout le monde ressent mais qui sont pour l’instant empêchées.
[ - ]Son : Capacité du bâti à améliorer le confort acoustique Un bâtiment est soumis à plusieurs types de nuisances sonores : les bruits aériens extérieurs, les bruits aériens intérieurs du quotidien, les bruits d’impacts émis par la vibration d’une paroi, les bruits d’équipement. L’enjeu acoustique est un des défis techniques majeur posé par l’existant pour garantir le bien-être. [ + ]
Son : Capacité du bâti à améliorer le confort acoustique
Un bâtiment est soumis à plusieurs types de nuisances sonores : les bruits aériens extérieurs, les bruits aériens intérieurs du quotidien, les bruits d’impacts émis par la vibration d’une paroi, les bruits d’équipement. L’enjeu acoustique est un des défis techniques majeur posé par l’existant pour garantir le bien-être.
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