


M COMME MER Dans une ville de bord de mer la présence de l’eau sollicite tous les sens – sons, odeurs, goûts, lumière… – et elle est indissociable de son atmosphère. Elle nuance la densité et l’intensité du temps métropolitain de l’arc méditerranéen en invitant à des possibilités infinies de jeux, de voyages et de rêves. [ + ]
M COMME MER
Dans une ville de bord de mer la présence de l’eau sollicite tous les sens – sons, odeurs, goûts, lumière… – et elle est indissociable de son atmosphère. Elle nuance la densité et l’intensité du temps métropolitain de l’arc méditerranéen en invitant à des possibilités infinies de jeux, de voyages et de rêves.
[ - ]Au-delà des questions foncières et financières, il est possible de sortir de la logique purement fonctionnelle qui a présidé à la naissance des zones d’activités. Il est bel et bien nécessaire d’y porter notre attention, à l’heure des bouleversements qui traversent nos modes de vie, de travail, de déplacement, de production et de consommation. [ + ]
Au-delà des questions foncières et financières, il est possible de sortir de la logique purement fonctionnelle qui a présidé à la naissance des zones d’activités. Il est bel et bien nécessaire d’y porter notre attention, à l’heure des bouleversements qui traversent nos modes de vie, de travail, de déplacement, de production et de consommation. Nous voilà au cœur de réflexions nouvelles, complexes mais essentielles. Si les zones d’activités deviennent soudainement désirables, aucun consensus, aucune formule toute faite ne saurait pour autant s’appliquer sur des territoires singuliers aux problématiques diverses : l’occasion de mettre en discussion les questions que posent aujourd’hui les zones d’activités avec celles et ceux qui sont directement concernés par leur transformation. Il s’agit d’émettre des hypothèses de travail saillantes et d’en renouveler collectivement l’imaginaire. Il faut dire que les zones d’activités représentent peut-être le plus grand levier de transformation de nos territoires et s’exposent comme un fabuleux laboratoire de mutation de notre monde contemporain.
[ - ]B COMME BÉTON Le paysage de la côte d’Azur est le plus souvent regardé comme un désastre : l’urbanisation des cinquante dernières années a irrémédiablement gâché de sublimes points de vue, cadre de villégiature de quelques « happy-few », tel que le montre Alfred Hitchcock dans La main au collet (1955) où ces splendides paysages sont la toile de fond des périples en décapotable de Grace Kelly et Cary Grant. Plus à l’Ouest, c’est la côte languedocienne dont le désert lagunaire et poétique a été envahi dans les années 1960, et de façon planifiée par le gouvernement, par les stations balnéaires nouvelles du tourisme de masse et de sa galaxie de campings. [ + ]
B COMME BÉTON
Le paysage de la côte d’Azur est le plus souvent regardé comme un désastre : l’urbanisation des cinquante dernières années a irrémédiablement gâché de sublimes points de vue, cadre de villégiature de quelques « happy-few », tel que le montre Alfred Hitchcock dans La main au collet (1955) où ces splendides paysages sont la toile de fond des périples en décapotable de Grace Kelly et Cary Grant. Plus à l’Ouest, c’est la côte languedocienne dont le désert lagunaire et poétique a été envahi dans les années 1960, et de façon planifiée par le gouvernement, par les stations balnéaires nouvelles du tourisme de masse et de sa galaxie de campings. Le littoral méditerranéen est vu nostalgiquement comme un paradis perdu, preuve s’il en est, des dégâts causés par un certain type d’urbanisation.
[ - ]« Je vois trois perspectives de travail potentielles. La première concerne les conditions financières : les zones d’activités fonctionneraient mieux si une partie des bâtiments devenait accessible gratuitement ou au prix des charges pour les acteurs de l’économie sociale et solidaire, de l’économie circulaire et de l’artisanat. [ + ]
« Je vois trois perspectives de travail potentielles. La première concerne les conditions financières : les zones d’activités fonctionneraient mieux si une partie des bâtiments devenait accessible gratuitement ou au prix des charges pour les acteurs de l’économie sociale et solidaire, de l’économie circulaire et de l’artisanat. La deuxième perspective est celle de la mixité fonctionnelle : les gens qui travaillent ont besoin d’autre chose que d’un bureau et d’un parking. Il faut cesser de produire des quartiers et des bâtiments ultraspécialisés et tendre vers une diversification des activités au sein des zones d’activités. Le troisième axe est architectural : s’il faut bel et bien arrêter de construire des bâtiments monofonctionnels, tâchons tout de même de réutiliser ceux qui existent. Il faut bien entendu protéger les ressources naturelles et agricoles, mais également les ressources en termes de matériaux de construction. Ne faisons pas table rase des bâtiments existants ! Nous avons besoin de conserver, à proximité des villes centres, des bâtiments de production, de stockage, de logistique. La question est de savoir pour quel type d’acteur de la logistique, pour quel type d’acteur de la production, et à quel coût. »
Angèle de Lamberterie, Urbaniste, Directrice de développement Plateau Urbain, entretien du 10 juillet 2023
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« Pendant la révolution industrielle, on n’avait pas hésité à créer des industries en plein centre-ville. Je pense que la vision qui présidait à cette époque était proche de celle que l’on doit porter aujourd’hui. [ + ]
« Pendant la révolution industrielle, on n’avait pas hésité à créer des industries en plein centre-ville. Je pense que la vision qui présidait à cette époque était proche de celle que l’on doit porter aujourd’hui. Il faut amener l’urbanité dans les zones d’activités : des véritables trottoirs, des socles en relation. Il faut veiller à ne pas déroger à la mixité des flux, des systèmes viaires. A partir du moment où l’on se trompe sur la taille du maillage, on se trompe sur beaucoup de choses, et on se trompe durablement. Il y a un déjà-là, une commercialité qu’il faut préserver et réussir à faire cohabiter avec une certaine forme d’habitat. Il faut transformer l’existant, oui, mais en étant lucides sur la qualité de l’existant, et ce qui a été construit n’est pas toujours au rendez-vous. On fait face à des hauteurs hybrides, des systèmes structurels qui ont une portance pas forcément adaptée à de l’habitat. »
Luca de Franceschi, directeur de l’architecture et du développement durable, I3F, entretien 14 septembre 2023
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