

Z COMME ZONES « Sur les quelques kilomètres d’autoroute qui menaient à Liguria, l’autoradio diffusa les brèves d’actualité du jour. Rien que d’habituel : un temps chaud et sec. [ + ]
Z COMME ZONES
« Sur les quelques kilomètres d’autoroute qui menaient à Liguria, l’autoradio diffusa les brèves d’actualité du jour. Rien que d’habituel : un temps chaud et sec. Un naufrage. Une catastrophe industrielle. Des violences contre des civils. Une petite phrase qui faisait grincer des dents. L’autoroute devint rocade ; des tunnels alternaient avec des sorties ; on voyait par intermittence des barres d’immeubles et de loin en loin la mer entre des zones d’activité. Les encombrements étaient exactement les mêmes que chaque jour. Jean prit l’échangeur ouest, passa la cité du Sablier et sortit vers la ZAC suivante. Le centre commercial Sud Soleil brillait dans la lumière, parmi ses hectares de parking. Tout était en somme comme à l’accoutumée. Alors pourquoi Jean avait-il cette impression étrange d’attendre quelque chose sur le point de se produire ? »
Fanny Taillandier, Farouches, 2021
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Au-delà des questions foncières et financières, il est possible de sortir de la logique purement fonctionnelle qui a présidé à la naissance des zones d’activités. Il est bel et bien nécessaire d’y porter notre attention, à l’heure des bouleversements qui traversent nos modes de vie, de travail, de déplacement, de production et de consommation. [ + ]
Au-delà des questions foncières et financières, il est possible de sortir de la logique purement fonctionnelle qui a présidé à la naissance des zones d’activités. Il est bel et bien nécessaire d’y porter notre attention, à l’heure des bouleversements qui traversent nos modes de vie, de travail, de déplacement, de production et de consommation. Nous voilà au cœur de réflexions nouvelles, complexes mais essentielles. Si les zones d’activités deviennent soudainement désirables, aucun consensus, aucune formule toute faite ne saurait pour autant s’appliquer sur des territoires singuliers aux problématiques diverses : l’occasion de mettre en discussion les questions que posent aujourd’hui les zones d’activités avec celles et ceux qui sont directement concernés par leur transformation. Il s’agit d’émettre des hypothèses de travail saillantes et d’en renouveler collectivement l’imaginaire. Il faut dire que les zones d’activités représentent peut-être le plus grand levier de transformation de nos territoires et s’exposent comme un fabuleux laboratoire de mutation de notre monde contemporain.
[ - ]« La ZAN va considérablement limiter nos disponibilités foncières et nous engage à développer dans les zones d’activités ce que l’on sait déjà faire dans les villes : la densité et la verticalité. Sur des terrains industriels où l’on conserve de l’activité, le raisonnement devient avec la ZAN exactement le même que celui des promoteurs avec le logement et les bureaux : densifier. [ + ]
« La ZAN va considérablement limiter nos disponibilités foncières et nous engage à développer dans les zones d’activités ce que l’on sait déjà faire dans les villes : la densité et la verticalité. Sur des terrains industriels où l’on conserve de l’activité, le raisonnement devient avec la ZAN exactement le même que celui des promoteurs avec le logement et les bureaux : densifier. Pour récupérer du foncier, il faut réussir par exemple à regrouper sur plusieurs niveaux les voitures, qui occupent aujourd’hui énormément d’espaces sur des parkings aériens étalés. On a progressivement rejeté l’activité à l’extérieur de la ville. Mais ce n’est pas le sens de l’urbain : on a besoin de mixité. La ZAN représente donc l’occasion d’explorer la verticalité pour apporter d’autres usages sur des lieux monofonctionnels, de la mixité programmatique mêlant de l’habitat, des commerces, du bureau, des équipements. »
Vincent Echenne, directeur du développement GSE, entretien du 28 juin 2023
[ - ]« Pendant la révolution industrielle, on n’avait pas hésité à créer des industries en plein centre-ville. Je pense que la vision qui présidait à cette époque était proche de celle que l’on doit porter aujourd’hui. [ + ]
« Pendant la révolution industrielle, on n’avait pas hésité à créer des industries en plein centre-ville. Je pense que la vision qui présidait à cette époque était proche de celle que l’on doit porter aujourd’hui. Il faut amener l’urbanité dans les zones d’activités : des véritables trottoirs, des socles en relation. Il faut veiller à ne pas déroger à la mixité des flux, des systèmes viaires. A partir du moment où l’on se trompe sur la taille du maillage, on se trompe sur beaucoup de choses, et on se trompe durablement. Il y a un déjà-là, une commercialité qu’il faut préserver et réussir à faire cohabiter avec une certaine forme d’habitat. Il faut transformer l’existant, oui, mais en étant lucides sur la qualité de l’existant, et ce qui a été construit n’est pas toujours au rendez-vous. On fait face à des hauteurs hybrides, des systèmes structurels qui ont une portance pas forcément adaptée à de l’habitat. »
Luca de Franceschi, directeur de l’architecture et du développement durable, I3F, entretien 14 septembre 2023
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