

Habitudes : Capacité du projet à prendre en compte les usages existants Habiter, c’est avoir des habitudes. Certains usages quotidiens échappent à un diagnostic objectif. [ + ]
Habitudes : Capacité du projet à prendre en compte les usages existants
Habiter, c’est avoir des habitudes. Certains usages quotidiens échappent à un diagnostic objectif. Il faut remettre l’Humain au cœur des préoccupations. Car chacun·e peut lier des relations différentes avec son environnement construit. Toute opération de transformation doit être attentive à l’ensemble des pratiques existantes, qu’elles soient privées ou publiques, pérennes ou éphémères.
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« C’était drôle de revenir dans ce genre d’endroits. Chaque week-end, des familles venaient là pour faire des projets, acheter une table de ping-pong ou du papier peint, avant d’aller manger un T-bone avec des frites, ou se taper la cloche dans un buffet chinois à volonté. [ + ]
« C’était drôle de revenir dans ce genre d’endroits. Chaque week-end, des familles venaient là pour faire des projets, acheter une table de ping-pong ou du papier peint, avant d’aller manger un T-bone avec des frites, ou se taper la cloche dans un buffet chinois à volonté. Hélène avait connu ces récréations hebdomadaires, les dépenses qui annulaient les semaines toutes identiques, le baume des petits achats inutiles. Elle aussi avait dérivé des heures avec ses parents dans ces archipels de béton, de hangars en parkings, remplissant des caddies et rapportant à la maison une plante ou un coussin, une quelconque babiole qui semblait rendre la vie plus supportable. À présent, quand il lui arrivait de traverser une zone du même genre, elle était prise d’une sorte de dégoût. Elle voulait aussitôt mettre le plus de distance possible entre elle et ces enseignes universelles. Mais ce jour-là, en contemplant le rond-point qui desservait un Saint-Maclou, le club de fitness et un magasin de literie, elle avait au contraire éprouvé un grand sentiment de tendresse. »
Nicolas Mathieu, Connemara, 2022
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« Il faut outrepasser la vision très binaire de l’aménagement du territoire qui opère à la marge des métropoles : soit une zone d’activités, soit un territoire agricole. Il y a un modèle hybride à imaginer ! [ + ]
« Il faut outrepasser la vision très binaire de l’aménagement du territoire qui opère à la marge des métropoles : soit une zone d’activités, soit un territoire agricole. Il y a un modèle hybride à imaginer ! Si le système industriel n’est pas peut-être pas complètement à bout de souffle, le modèle agricole reste à réinventer. Nous allons vivre un énorme crash sur les sujets d’agriculture dans les 10 ans qui viennent. De tous les crash renaît la voie du milieu, celle que personne n’avait vu venir. Un entre-deux. Des plateformes logistiques qu’on pourrait mutualiser entre activités et agricultures ? Dans mes rêves les plus fous, j’ose espérer qu’on arrivera à inventer des choses entre les avions et les tomates. »
Sylvanie Grée, paysagiste, associée fondatrice D’ici là, entretien du 26 juin 2023
[ - ]L’architecture de recherche et d’innovation, que nous sommes nombreux à explorer et à défendre, est la seule démarche qui vaille quelle que soit la famille de pensée ou de style dans laquelle les uns et les autres nous nous reconnaissons. Mais trop souvent cette recherche est une fuite en avant vers un monde narcissique qui n’est ni l’univers du réel, ni celui de l’utopie. [ + ]
L’architecture de recherche et d’innovation, que nous sommes nombreux à explorer et à défendre, est la seule démarche qui vaille quelle que soit la famille de pensée ou de style dans laquelle les uns et les autres nous nous reconnaissons. Mais trop souvent cette recherche est une fuite en avant vers un monde narcissique qui n’est ni l’univers du réel, ni celui de l’utopie. (…) Jean Prouvé a placé la technique au cœur des enjeux sociaux, démontrant que la conception même d’un système constructif pouvait être un acte politique. Jean Prouvé est un créateur engagé. A son exemple, les engagements qui nous attendent ne sont pas partisans : ils exigent d’inscrire notre travail dans une conscience qui dépasse celle de la seule discipline architecturale, pour faire de chaque projet une proposition critique d’intervention sur le réel. La prise en compte inventive de la technique et de l’économie au sens le plus large est la base de l’engagement de Jean Prouvé : face aux questions tant urbaines qu’architecturales que la société nous pose, cet engagement est plus que jamais d’actualité.
Jacques Ferrier in « Jean Prouvé constructeur », Editions RMN, 2001
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Y COMME YEUSE « Côme se tenait volontiers dans le feuillage ondulé des chênes verts (qu’en parlant de notre parc j’ai pompeusement nommés des yeuses, sans doute sous l’influence du noble langage recherché de notre père) ; il aimait leur écorce crevassée qu’il enlevait par plaques, du bout des doigts, quand il était préoccupé, non pour faire instinctivement du mal, mais comme pour aider l’arbre dans son long labeur de renouvellement. » Italo Calvino, Le Baron perché, 1957 [ + ]
Y COMME YEUSE
« Côme se tenait volontiers dans le feuillage ondulé des chênes verts (qu’en parlant de notre parc j’ai pompeusement nommés des yeuses, sans doute sous l’influence du noble langage recherché de notre père) ; il aimait leur écorce crevassée qu’il enlevait par plaques, du bout des doigts, quand il était préoccupé, non pour faire instinctivement du mal, mais comme pour aider l’arbre dans son long labeur de renouvellement. »
Italo Calvino, Le Baron perché, 1957
[ - ]ABCD Méditerranée Le littoral a connu depuis les années 1960 de profondes transformations dues à l’apparition du tourisme de masse. Dans la plupart des cas, ces transformations ont été vécues de façon négative : constructions excessives, disparition des paysages naturels, artificialisation des sols, saturation des sites ; autant de facteurs qui ont créé un sentiment de « bétonisation » de la côte. [ + ]
ABCD Méditerranée
Le littoral a connu depuis les années 1960 de profondes transformations dues à l’apparition du tourisme de masse. Dans la plupart des cas, ces transformations ont été vécues de façon négative : constructions excessives, disparition des paysages naturels, artificialisation des sols, saturation des sites ; autant de facteurs qui ont créé un sentiment de « bétonisation » de la côte. Pendant des années, le tourisme et l’aménagement du territoire ont été synonymes de sites abîmés et surutilisés.
Une prise de conscience s’opère, sur la toile de fond de la ville durable, pour mieux prendre un compte les attentes des citoyens, qui, s’ils sont touristes durant une période de l’année, sont également des habitants de plus en plus concernés par les enjeux environnementaux.
Aujourd’hui, la crise sanitaire amplifie encore le tropisme des populations urbaines vers le littoral. Il ne s’agit plus uniquement du temps des vacances mais le temps plus long du résidentiel complet ou partiel. Face à ce nouvel engouement, il importe de ne pas commettre à nouveau des erreurs.
Partout sur l’arc méditerranéen se posent les mêmes interrogations, qui concernent autant les risques environnementaux, l’intensification des usages et l’attrait sans cesse croissant des territoires littoraux. Comment intensifier les usages sans dénaturer et déséquilibrer les territoires ? Comment investir le littoral méditerranéen toute l’année, sans pour autant en épuiser le charme et les ressources ? Les territoires littoraux, à la fois désirés et menacés, représentent aujourd’hui l’opportunité d’inventer une ville durable et sensuelle.
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