

K COMME KIOSQUE Par définition, les kiosques – comme ceux que l’on trouve généralement le long des promenades de bord de mer des stations méditerranéennes –, font appel à de la construction légère, démontable, et donc durable. Car ce qui dure, c’est ce qui est capable de changer. [ + ]
K COMME KIOSQUE
Par définition, les kiosques – comme ceux que l’on trouve généralement le long des promenades de bord de mer des stations méditerranéennes –, font appel à de la construction légère, démontable, et donc durable. Car ce qui dure, c’est ce qui est capable de changer. La pérennité de la construction s’avère de plus en plus problématique. Travailler sur les kiosques représente donc l’opportunité de réfléchir à l’occupation temporaire de l’espace littoral, soumis à un ensemble de contraintes et de risques toujours plus alarmants.
L’économie des ressources énergétiques et matérielles s’exprime à travers des modules à remplacer ou démonter en fonction du changement de destination future du bâtiment. Conscients que l’immuabilité des bâtiments contemporains ne peut être considérée comme elle l’était il y a 100 ans, et qu’il parait absurde de vouloir construire de manière pérenne dans un monde soumis à des évolutions difficiles à appréhender, nous plaidons pour une stratégie vertueuse, permettant à l’architecture de voir ses composants démontés, réutilisés et recyclés. Le foncier devient réversible, pas l’architecture. C’est ce que Jean Prouvé appelait « l’anticipation de la construction », que les anglophones interprètent en « conception design for deconstruction » ou « design for disassembly ». Il n’est pas question d’embrasser la question littorale par la monumentalité ou la pérennité de l’architecture, mais plutôt par ce qui en constitue l’ordinaire, le léger et le démontable.
[ - ]« C’était drôle de revenir dans ce genre d’endroits. Chaque week-end, des familles venaient là pour faire des projets, acheter une table de ping-pong ou du papier peint, avant d’aller manger un T-bone avec des frites, ou se taper la cloche dans un buffet chinois à volonté. [ + ]
« C’était drôle de revenir dans ce genre d’endroits. Chaque week-end, des familles venaient là pour faire des projets, acheter une table de ping-pong ou du papier peint, avant d’aller manger un T-bone avec des frites, ou se taper la cloche dans un buffet chinois à volonté. Hélène avait connu ces récréations hebdomadaires, les dépenses qui annulaient les semaines toutes identiques, le baume des petits achats inutiles. Elle aussi avait dérivé des heures avec ses parents dans ces archipels de béton, de hangars en parkings, remplissant des caddies et rapportant à la maison une plante ou un coussin, une quelconque babiole qui semblait rendre la vie plus supportable. À présent, quand il lui arrivait de traverser une zone du même genre, elle était prise d’une sorte de dégoût. Elle voulait aussitôt mettre le plus de distance possible entre elle et ces enseignes universelles. Mais ce jour-là, en contemplant le rond-point qui desservait un Saint-Maclou, le club de fitness et un magasin de literie, elle avait au contraire éprouvé un grand sentiment de tendresse. »
Nicolas Mathieu, Connemara, 2022
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Balcons : Capacité de prolongement ou d’ajouts d’espaces extérieurs Le corps humain doit pouvoir être régulièrement en contact avec l’extérieur. La présence, le prolongement ou la projection d’espaces extérieurs (balcon, loggia, terrasse, jardin) sont réalisables par l’intermédiaire de greffe, plug, structures suspendues ou aménagement au sein de la structure existante. [ + ]
Balcons : Capacité de prolongement ou d’ajouts d’espaces extérieurs
Le corps humain doit pouvoir être régulièrement en contact avec l’extérieur. La présence, le prolongement ou la projection d’espaces extérieurs (balcon, loggia, terrasse, jardin) sont réalisables par l’intermédiaire de greffe, plug, structures suspendues ou aménagement au sein de la structure existante. S’ouvrir est une priorité de la transformation de l’existant.
[ - ]« Je vois trois perspectives de travail potentielles. La première concerne les conditions financières : les zones d’activités fonctionneraient mieux si une partie des bâtiments devenait accessible gratuitement ou au prix des charges pour les acteurs de l’économie sociale et solidaire, de l’économie circulaire et de l’artisanat. [ + ]
« Je vois trois perspectives de travail potentielles. La première concerne les conditions financières : les zones d’activités fonctionneraient mieux si une partie des bâtiments devenait accessible gratuitement ou au prix des charges pour les acteurs de l’économie sociale et solidaire, de l’économie circulaire et de l’artisanat. La deuxième perspective est celle de la mixité fonctionnelle : les gens qui travaillent ont besoin d’autre chose que d’un bureau et d’un parking. Il faut cesser de produire des quartiers et des bâtiments ultraspécialisés et tendre vers une diversification des activités au sein des zones d’activités. Le troisième axe est architectural : s’il faut bel et bien arrêter de construire des bâtiments monofonctionnels, tâchons tout de même de réutiliser ceux qui existent. Il faut bien entendu protéger les ressources naturelles et agricoles, mais également les ressources en termes de matériaux de construction. Ne faisons pas table rase des bâtiments existants ! Nous avons besoin de conserver, à proximité des villes centres, des bâtiments de production, de stockage, de logistique. La question est de savoir pour quel type d’acteur de la logistique, pour quel type d’acteur de la production, et à quel coût. »
Angèle de Lamberterie, Urbaniste, Directrice de développement Plateau Urbain, entretien du 10 juillet 2023
[ - ]« Il faut outrepasser la vision très binaire de l’aménagement du territoire qui opère à la marge des métropoles : soit une zone d’activités, soit un territoire agricole. Il y a un modèle hybride à imaginer ! [ + ]
« Il faut outrepasser la vision très binaire de l’aménagement du territoire qui opère à la marge des métropoles : soit une zone d’activités, soit un territoire agricole. Il y a un modèle hybride à imaginer ! Si le système industriel n’est pas peut-être pas complètement à bout de souffle, le modèle agricole reste à réinventer. Nous allons vivre un énorme crash sur les sujets d’agriculture dans les 10 ans qui viennent. De tous les crash renaît la voie du milieu, celle que personne n’avait vu venir. Un entre-deux. Des plateformes logistiques qu’on pourrait mutualiser entre activités et agricultures ? Dans mes rêves les plus fous, j’ose espérer qu’on arrivera à inventer des choses entre les avions et les tomates. »
Sylvanie Grée, paysagiste, associée fondatrice D’ici là, entretien du 26 juin 2023
[ - ]D COMME DENSITÉ Longtemps la densité a été une fin en soi. Plus grand le nombre d’habitants au km2, plus vertueuse était la ville. [ + ]
D COMME DENSITÉ
Longtemps la densité a été une fin en soi. Plus grand le nombre d’habitants au km2, plus vertueuse était la ville. Cette affirmation est aujourd’hui remise en question : une densité trop forte entraine la congestion, la fragilité aussi, la crise sanitaire l’a prouvé. L’espace libre, l’interstice, l’inachevé sont les ingrédients qui permettent au citadin d’ouvrir des possibles pour échapper au quotidien de la très grande ville, cadencé par un excès d’injonctions. Ce sont aussi des zones indéfinies qui permettent de s’approprier à nouveau des situations urbaines, et de susciter une communauté concernée et actrice de son destin.
Le littoral est une métropole clairsemée de paysage. Même à la haute saison, on y respire : c’est que le littoral n’est toujours que la moitié d’un territoire dont la mer est un double à l’infini. Sa densité varie avec les saisons ouvrant d’autres possibles quand la pression est moindre.
Dans la remise en question de la très grande métropole, la ville littorale, où les vides font jeu égal avec les pleins, a désormais son rôle à jouer bien au-delà de la villégiature : elle offre des vacuités disponibles dans l’espace et dans le temps qui sont autant d’atouts pour s’écarter de la ville machine, une alternative à l’infrastructure qui occupe tout le quotidien du citadin.
Pour le développement durable, c’est une opportunité pour plus de sols perméables, d’agriculture urbaine, de production d’énergie renouvelable, de recyclage de l’eau… La métropole littorale, diffuse avec des points variables d’intensité, offre un modèle séduisant, adapté aux aspirations de citadins qui veulent à la fois la ville et la nature, le vide et le plein.
[ - ]Film Si personne ne peut nier la force des représentations et des mythes créés par le cinéma sur notre expérience vécue de la ville, c’est que le film est un puissant outil de fabrication de l’imaginaire urbain. La ville n’existe que si elle peut se regarder elle-même, si elle suscite des images mentales partagées par tous et appropriables par chacun. [ + ]
Film
Si personne ne peut nier la force des représentations et des mythes créés par le cinéma sur notre expérience vécue de la ville, c’est que le film est un puissant outil de fabrication de l’imaginaire urbain. La ville n’existe que si elle peut se regarder elle-même, si elle suscite des images mentales partagées par tous et appropriables par chacun. Plus nombreuses et plus fortes ces images, plus intenses seront le désir et le plaisir de se joindre aux récits de la ville rêvée. Le film révèle des traces, raconte des histoires, impose des figures : autant de points d’entrée qui nous donnent l’opportunité de faire à notre tour partie de la scène urbaine.
[ - ]N COMME NUIT Les signes, mes repères se dissolvent dans la nuit et son brouillard. La matière n’est qu’une, sombre et sans relief. [ + ]
N COMME NUIT
Les signes, mes repères se dissolvent dans la nuit et son brouillard. La matière n’est qu’une, sombre et sans relief. La nuit, la rue distribue mes souvenirs. Mon regard réunit ces deux mondes qui s’opposent tandis que la vie des autres, sous les feux des fenêtres qui s’accumulent, prend toute sa place.
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