

Ré : habiliter, enrichir, habiter L’urbanisme de géométrie, caractéristique du XXe siècle, ne s’est pas simplement traduit par une standardisation de l’architecture mais également par une coupure profonde avec notre milieu naturel. L’artificialisation des sols, la climatisation systématique, l’uniformisation des techniques constructives associées au désir de construire toujours davantage, ont appauvri l’expérience quotidienne de chacun et ont rendu les villes et leurs habitants plus vulnérables. [ + ]
Ré : habiliter, enrichir, habiter
L’urbanisme de géométrie, caractéristique du XXe siècle, ne s’est pas simplement traduit par une standardisation de l’architecture mais également par une coupure profonde avec notre milieu naturel. L’artificialisation des sols, la climatisation systématique, l’uniformisation des techniques constructives associées au désir de construire toujours davantage, ont appauvri l’expérience quotidienne de chacun et ont rendu les villes et leurs habitants plus vulnérables.
Pour relever le défi de la résilience urbaine, il est indispensable de repenser nos modes de vie et d’imaginer de nouvelles façons d’habiter en ville, plus respectueuses de l’environnement et engagées dans une vie collective plus riche. L’architecture doit redonner du sens en concevant des habitats où s’inventent d’autres manières de partager l’espace et d’en gérer en commun les ressources.
Plutôt que de penser les bâtiments comme des objets singuliers, centrés sur eux-mêmes, nous voulons développer une architecture de la relation qui renouvelle notre lien aux autres, aux choses et au monde. Une architecture d’atmosphères, soucieuse des humains mais aussi de la flore et de la faune, à l’écoute du corps, des sens et des émotions, privilégiant des pratiques constructives innovantes et protectrices des écosystèmes.
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D COMME DENSITÉ Longtemps la densité a été une fin en soi. Plus grand le nombre d’habitants au km2, plus vertueuse était la ville. [ + ]
D COMME DENSITÉ
Longtemps la densité a été une fin en soi. Plus grand le nombre d’habitants au km2, plus vertueuse était la ville. Cette affirmation est aujourd’hui remise en question : une densité trop forte entraine la congestion, la fragilité aussi, la crise sanitaire l’a prouvé. L’espace libre, l’interstice, l’inachevé sont les ingrédients qui permettent au citadin d’ouvrir des possibles pour échapper au quotidien de la très grande ville, cadencé par un excès d’injonctions. Ce sont aussi des zones indéfinies qui permettent de s’approprier à nouveau des situations urbaines, et de susciter une communauté concernée et actrice de son destin.
Le littoral est une métropole clairsemée de paysage. Même à la haute saison, on y respire : c’est que le littoral n’est toujours que la moitié d’un territoire dont la mer est un double à l’infini. Sa densité varie avec les saisons ouvrant d’autres possibles quand la pression est moindre.
Dans la remise en question de la très grande métropole, la ville littorale, où les vides font jeu égal avec les pleins, a désormais son rôle à jouer bien au-delà de la villégiature : elle offre des vacuités disponibles dans l’espace et dans le temps qui sont autant d’atouts pour s’écarter de la ville machine, une alternative à l’infrastructure qui occupe tout le quotidien du citadin.
Pour le développement durable, c’est une opportunité pour plus de sols perméables, d’agriculture urbaine, de production d’énergie renouvelable, de recyclage de l’eau… La métropole littorale, diffuse avec des points variables d’intensité, offre un modèle séduisant, adapté aux aspirations de citadins qui veulent à la fois la ville et la nature, le vide et le plein.
[ - ]« La ZAN va considérablement limiter nos disponibilités foncières et nous engage à développer dans les zones d’activités ce que l’on sait déjà faire dans les villes : la densité et la verticalité. Sur des terrains industriels où l’on conserve de l’activité, le raisonnement devient avec la ZAN exactement le même que celui des promoteurs avec le logement et les bureaux : densifier. [ + ]
« La ZAN va considérablement limiter nos disponibilités foncières et nous engage à développer dans les zones d’activités ce que l’on sait déjà faire dans les villes : la densité et la verticalité. Sur des terrains industriels où l’on conserve de l’activité, le raisonnement devient avec la ZAN exactement le même que celui des promoteurs avec le logement et les bureaux : densifier. Pour récupérer du foncier, il faut réussir par exemple à regrouper sur plusieurs niveaux les voitures, qui occupent aujourd’hui énormément d’espaces sur des parkings aériens étalés. On a progressivement rejeté l’activité à l’extérieur de la ville. Mais ce n’est pas le sens de l’urbain : on a besoin de mixité. La ZAN représente donc l’occasion d’explorer la verticalité pour apporter d’autres usages sur des lieux monofonctionnels, de la mixité programmatique mêlant de l’habitat, des commerces, du bureau, des équipements. »
Vincent Echenne, directeur du développement GSE, entretien du 28 juin 2023
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« La situation n’est pas la même selon les territoires. Mais, globalement, la volonté de l’État est de retrouver une certaine autonomie dans la production française et d’encourager l’excellence. [ + ]
« La situation n’est pas la même selon les territoires. Mais, globalement, la volonté de l’État est de retrouver une certaine autonomie dans la production française et d’encourager l’excellence. Pour cela, nous avons besoin de lieux, qui ont malheureusement beaucoup disparu ou sont en déshérence. Sans compter que tout un pan de l’économie n’arrive pas à se loger, parce que les activités qui sont utiles socialement ou écologiquement n’ont pas toutes les moyens de s’installer dans le marché classique. D’où l’émergence des projets à montage solidaire dans des lieux temporaires. Ces projets temporaires sont compliqués à pérenniser ; les entreprises en question restent souvent précaires à cause d’une instabilité immobilière. »
Laura Jehl, Urbaniste et chercheuse, Est Ensemble, entretien du 26 juin 2023
[ - ]« Il faut outrepasser la vision très binaire de l’aménagement du territoire qui opère à la marge des métropoles : soit une zone d’activités, soit un territoire agricole. Il y a un modèle hybride à imaginer ! [ + ]
« Il faut outrepasser la vision très binaire de l’aménagement du territoire qui opère à la marge des métropoles : soit une zone d’activités, soit un territoire agricole. Il y a un modèle hybride à imaginer ! Si le système industriel n’est pas peut-être pas complètement à bout de souffle, le modèle agricole reste à réinventer. Nous allons vivre un énorme crash sur les sujets d’agriculture dans les 10 ans qui viennent. De tous les crash renaît la voie du milieu, celle que personne n’avait vu venir. Un entre-deux. Des plateformes logistiques qu’on pourrait mutualiser entre activités et agricultures ? Dans mes rêves les plus fous, j’ose espérer qu’on arrivera à inventer des choses entre les avions et les tomates. »
Sylvanie Grée, paysagiste, associée fondatrice D’ici là, entretien du 26 juin 2023
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