

ABCD Méditerranée Le littoral a connu depuis les années 1960 de profondes transformations dues à l’apparition du tourisme de masse. Dans la plupart des cas, ces transformations ont été vécues de façon négative : constructions excessives, disparition des paysages naturels, artificialisation des sols, saturation des sites ; autant de facteurs qui ont créé un sentiment de « bétonisation » de la côte. [ + ]
ABCD Méditerranée
Le littoral a connu depuis les années 1960 de profondes transformations dues à l’apparition du tourisme de masse. Dans la plupart des cas, ces transformations ont été vécues de façon négative : constructions excessives, disparition des paysages naturels, artificialisation des sols, saturation des sites ; autant de facteurs qui ont créé un sentiment de « bétonisation » de la côte. Pendant des années, le tourisme et l’aménagement du territoire ont été synonymes de sites abîmés et surutilisés.
Une prise de conscience s’opère, sur la toile de fond de la ville durable, pour mieux prendre un compte les attentes des citoyens, qui, s’ils sont touristes durant une période de l’année, sont également des habitants de plus en plus concernés par les enjeux environnementaux.
Aujourd’hui, la crise sanitaire amplifie encore le tropisme des populations urbaines vers le littoral. Il ne s’agit plus uniquement du temps des vacances mais le temps plus long du résidentiel complet ou partiel. Face à ce nouvel engouement, il importe de ne pas commettre à nouveau des erreurs.
Partout sur l’arc méditerranéen se posent les mêmes interrogations, qui concernent autant les risques environnementaux, l’intensification des usages et l’attrait sans cesse croissant des territoires littoraux. Comment intensifier les usages sans dénaturer et déséquilibrer les territoires ? Comment investir le littoral méditerranéen toute l’année, sans pour autant en épuiser le charme et les ressources ? Les territoires littoraux, à la fois désirés et menacés, représentent aujourd’hui l’opportunité d’inventer une ville durable et sensuelle.
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« Pendant la révolution industrielle, on n’avait pas hésité à créer des industries en plein centre-ville. Je pense que la vision qui présidait à cette époque était proche de celle que l’on doit porter aujourd’hui. [ + ]
« Pendant la révolution industrielle, on n’avait pas hésité à créer des industries en plein centre-ville. Je pense que la vision qui présidait à cette époque était proche de celle que l’on doit porter aujourd’hui. Il faut amener l’urbanité dans les zones d’activités : des véritables trottoirs, des socles en relation. Il faut veiller à ne pas déroger à la mixité des flux, des systèmes viaires. A partir du moment où l’on se trompe sur la taille du maillage, on se trompe sur beaucoup de choses, et on se trompe durablement. Il y a un déjà-là, une commercialité qu’il faut préserver et réussir à faire cohabiter avec une certaine forme d’habitat. Il faut transformer l’existant, oui, mais en étant lucides sur la qualité de l’existant, et ce qui a été construit n’est pas toujours au rendez-vous. On fait face à des hauteurs hybrides, des systèmes structurels qui ont une portance pas forcément adaptée à de l’habitat. »
Luca de Franceschi, directeur de l’architecture et du développement durable, I3F, entretien 14 septembre 2023
[ - ]Déjà-là : Capacité du projet à valoriser les matériaux existants Le matériau le plus vertueux est celui qui est déjà-là : menuiserie, revêtement de façade, revêtement de sol, parement, garde-corps, mobilier, équipements sanitaires, faux plancher, faux plafond… Faire avec l’existant, c’est économiser des ressources et du carbone. Ce gisement écologique doit se transformer en gisement esthétique. [ + ]
Déjà-là : Capacité du projet à valoriser les matériaux existants
Le matériau le plus vertueux est celui qui est déjà-là : menuiserie, revêtement de façade, revêtement de sol, parement, garde-corps, mobilier, équipements sanitaires, faux plancher, faux plafond… Faire avec l’existant, c’est économiser des ressources et du carbone. Ce gisement écologique doit se transformer en gisement esthétique.
[ - ]Z COMME ZONES « Sur les quelques kilomètres d’autoroute qui menaient à Liguria, l’autoradio diffusa les brèves d’actualité du jour. Rien que d’habituel : un temps chaud et sec. [ + ]
Z COMME ZONES
« Sur les quelques kilomètres d’autoroute qui menaient à Liguria, l’autoradio diffusa les brèves d’actualité du jour. Rien que d’habituel : un temps chaud et sec. Un naufrage. Une catastrophe industrielle. Des violences contre des civils. Une petite phrase qui faisait grincer des dents. L’autoroute devint rocade ; des tunnels alternaient avec des sorties ; on voyait par intermittence des barres d’immeubles et de loin en loin la mer entre des zones d’activité. Les encombrements étaient exactement les mêmes que chaque jour. Jean prit l’échangeur ouest, passa la cité du Sablier et sortit vers la ZAC suivante. Le centre commercial Sud Soleil brillait dans la lumière, parmi ses hectares de parking. Tout était en somme comme à l’accoutumée. Alors pourquoi Jean avait-il cette impression étrange d’attendre quelque chose sur le point de se produire ? »
Fanny Taillandier, Farouches, 2021
[ - ]B COMME BÉTON Le paysage de la côte d’Azur est le plus souvent regardé comme un désastre : l’urbanisation des cinquante dernières années a irrémédiablement gâché de sublimes points de vue, cadre de villégiature de quelques « happy-few », tel que le montre Alfred Hitchcock dans La main au collet (1955) où ces splendides paysages sont la toile de fond des périples en décapotable de Grace Kelly et Cary Grant. Plus à l’Ouest, c’est la côte languedocienne dont le désert lagunaire et poétique a été envahi dans les années 1960, et de façon planifiée par le gouvernement, par les stations balnéaires nouvelles du tourisme de masse et de sa galaxie de campings. [ + ]
B COMME BÉTON
Le paysage de la côte d’Azur est le plus souvent regardé comme un désastre : l’urbanisation des cinquante dernières années a irrémédiablement gâché de sublimes points de vue, cadre de villégiature de quelques « happy-few », tel que le montre Alfred Hitchcock dans La main au collet (1955) où ces splendides paysages sont la toile de fond des périples en décapotable de Grace Kelly et Cary Grant. Plus à l’Ouest, c’est la côte languedocienne dont le désert lagunaire et poétique a été envahi dans les années 1960, et de façon planifiée par le gouvernement, par les stations balnéaires nouvelles du tourisme de masse et de sa galaxie de campings. Le littoral méditerranéen est vu nostalgiquement comme un paradis perdu, preuve s’il en est, des dégâts causés par un certain type d’urbanisation.
[ - ]Acceptabilité : Capacité du projet à créer du consensus Les opérations de construction se résument trop souvent au coût financier. Le coût global (social, écologique, culturel) n’est pas suffisamment pris en compte. [ + ]
Acceptabilité : Capacité du projet à créer du consensus
Les opérations de construction se résument trop souvent au coût financier. Le coût global (social, écologique, culturel) n’est pas suffisamment pris en compte. Conserver, c’est réduire l’empreinte environnementale, c’est éviter des traumatismes, c’est intensifier les relations.
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