


L’architecture de recherche et d’innovation, que nous sommes nombreux à explorer et à défendre, est la seule démarche qui vaille quelle que soit la famille de pensée ou de style dans laquelle les uns et les autres nous nous reconnaissons. Mais trop souvent cette recherche est une fuite en avant vers un monde narcissique qui n’est ni l’univers du réel, ni celui de l’utopie. [ + ]
L’architecture de recherche et d’innovation, que nous sommes nombreux à explorer et à défendre, est la seule démarche qui vaille quelle que soit la famille de pensée ou de style dans laquelle les uns et les autres nous nous reconnaissons. Mais trop souvent cette recherche est une fuite en avant vers un monde narcissique qui n’est ni l’univers du réel, ni celui de l’utopie. (…) Jean Prouvé a placé la technique au cœur des enjeux sociaux, démontrant que la conception même d’un système constructif pouvait être un acte politique. Jean Prouvé est un créateur engagé. A son exemple, les engagements qui nous attendent ne sont pas partisans : ils exigent d’inscrire notre travail dans une conscience qui dépasse celle de la seule discipline architecturale, pour faire de chaque projet une proposition critique d’intervention sur le réel. La prise en compte inventive de la technique et de l’économie au sens le plus large est la base de l’engagement de Jean Prouvé : face aux questions tant urbaines qu’architecturales que la société nous pose, cet engagement est plus que jamais d’actualité.
Jacques Ferrier in « Jean Prouvé constructeur », Editions RMN, 2001
[ - ]W COMME WAGON Si on calque le dispositif du Shinkansen le long de la côte japonaise qui relie Tokyo à Osaka en 2h30, Gènes et Barcelone pourraient être reliées en moins de 4h par une desserte rapide tout en desservant les grandes villes intermédiaires. C’est un projet urgent à réaliser, car il ouvre de nouvelles possibilités d’échanges et de déplacements transversaux qui modifieraient en profondeur la perception du territoire. [ + ]
W COMME WAGON
Si on calque le dispositif du Shinkansen le long de la côte japonaise qui relie Tokyo à Osaka en 2h30, Gènes et Barcelone pourraient être reliées en moins de 4h par une desserte rapide tout en desservant les grandes villes intermédiaires. C’est un projet urgent à réaliser, car il ouvre de nouvelles possibilités d’échanges et de déplacements transversaux qui modifieraient en profondeur la perception du territoire. C’est un plan de refonte radical de la carte des transports qui peut enfin donner vie à des potentialités que tout le monde ressent mais qui sont pour l’instant empêchées.
[ - ]« Le droit est une donnée indispensable, essentielle, dans la faisabilité et la réalisation d’un projet. En droit de l’urbanisme, le procès revêt un enjeu de blocage mais de moins en moins un enjeu couperet d’annulation. [ + ]
« Le droit est une donnée indispensable, essentielle, dans la faisabilité et la réalisation d’un projet. En droit de l’urbanisme, le procès revêt un enjeu de blocage mais de moins en moins un enjeu couperet d’annulation. En revanche, se greffe aujourd’hui sur des enjeux d’urbanisme une problématique d’acceptabilité sociale et environnementale. Il ne suffit plus que le projet soit d’intérêt général et qu’il permette donc des actes contraignants tels que l’expropriation, la préemption, la modification unilatérale des droits à construire – ce que permet démocratiquement et légalement un document d’urbanisme. Il y a un réel enjeu d’acceptabilité sociale des politiques locales, qui est complètement décoléré de la définition que l’on avait classiquement de l’intérêt général – non pas la somme des intérêts particuliers mais un intérêt supérieur qui participe au vivre-ensemble et à faire prévaloir le long terme. En somme, il ne suffit pas qu’un projet relève de l’intérêt général, qu’il soit légal ou démocratiquement validé pour qu’il soit réalisable, ou, comme le disait Bruno Latour, pour qu’il puisse « atterrir ». Voilà ce dont il faut être conscient pour appréhender la mutation des zones d’activités : l’intérêt général est obsolète. »
Bernard Cazin, Avocat spécialisé en droit de l’urbanisme, entretien du 22 juin 2023
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Y COMME YEUSE « Côme se tenait volontiers dans le feuillage ondulé des chênes verts (qu’en parlant de notre parc j’ai pompeusement nommés des yeuses, sans doute sous l’influence du noble langage recherché de notre père) ; il aimait leur écorce crevassée qu’il enlevait par plaques, du bout des doigts, quand il était préoccupé, non pour faire instinctivement du mal, mais comme pour aider l’arbre dans son long labeur de renouvellement. » Italo Calvino, Le Baron perché, 1957 [ + ]
Y COMME YEUSE
« Côme se tenait volontiers dans le feuillage ondulé des chênes verts (qu’en parlant de notre parc j’ai pompeusement nommés des yeuses, sans doute sous l’influence du noble langage recherché de notre père) ; il aimait leur écorce crevassée qu’il enlevait par plaques, du bout des doigts, quand il était préoccupé, non pour faire instinctivement du mal, mais comme pour aider l’arbre dans son long labeur de renouvellement. »
Italo Calvino, Le Baron perché, 1957
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U COMME UTOPIE Sur une plage, pas très loin de Narbonne, construits à même le sable, hétéroclites mais impeccablement rangés sur une grille diagonale, plus de 1000 chalets composent un paysage attachant et fragile. Hissées sur pilotis, ces cabanes déclinent d’infinies et poétiques variations sur une architecture de bric et de broc, conçue au début du siècle pour les premiers bains de mer. [ + ]
U COMME UTOPIE
Sur une plage, pas très loin de Narbonne, construits à même le sable, hétéroclites mais impeccablement rangés sur une grille diagonale, plus de 1000 chalets composent un paysage attachant et fragile. Hissées sur pilotis, ces cabanes déclinent d’infinies et poétiques variations sur une architecture de bric et de broc, conçue au début du siècle pour les premiers bains de mer. Tôles ondulées, planches, volets découpés à même le bardage et se soulevant comme des sabords, balcons généreux d’où rebondissent les discussions d’une maison à l’autre, pilotis à l’ombre desquels se jouent les parties de boules : le précaire s’installe et fait la nique aux lourdeurs des architectures balnéaires autorisées qui bétonnent la côte. En dehors de tout règlement, utilisant des matériaux disponibles et des techniques modestes, s’esquisse ici un hymne à la liberté de construire, à une architecture de l’usage qui se moque des références, à une vie collective qui s’accommode de la densité horizontale… Une utopie ? Même si d’une saison à l’autre, rajouts et extensions remplissent peu à peu les pilotis, le lieu garde sa personnalité ; mais il suffirait d’un projet « urbain » normalisateur – toujours à craindre – pour que tout s’efface.
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