


U COMME UTOPIE Sur une plage, pas très loin de Narbonne, construits à même le sable, hétéroclites mais impeccablement rangés sur une grille diagonale, plus de 1000 chalets composent un paysage attachant et fragile. Hissées sur pilotis, ces cabanes déclinent d’infinies et poétiques variations sur une architecture de bric et de broc, conçue au début du siècle pour les premiers bains de mer. [ + ]
U COMME UTOPIE
Sur une plage, pas très loin de Narbonne, construits à même le sable, hétéroclites mais impeccablement rangés sur une grille diagonale, plus de 1000 chalets composent un paysage attachant et fragile. Hissées sur pilotis, ces cabanes déclinent d’infinies et poétiques variations sur une architecture de bric et de broc, conçue au début du siècle pour les premiers bains de mer. Tôles ondulées, planches, volets découpés à même le bardage et se soulevant comme des sabords, balcons généreux d’où rebondissent les discussions d’une maison à l’autre, pilotis à l’ombre desquels se jouent les parties de boules : le précaire s’installe et fait la nique aux lourdeurs des architectures balnéaires autorisées qui bétonnent la côte. En dehors de tout règlement, utilisant des matériaux disponibles et des techniques modestes, s’esquisse ici un hymne à la liberté de construire, à une architecture de l’usage qui se moque des références, à une vie collective qui s’accommode de la densité horizontale… Une utopie ? Même si d’une saison à l’autre, rajouts et extensions remplissent peu à peu les pilotis, le lieu garde sa personnalité ; mais il suffirait d’un projet « urbain » normalisateur – toujours à craindre – pour que tout s’efface.
[ - ]Chantier : Capacité du projet à limiter les nuisances Conserver, c’est économiser du carbone. Dans un projet de construction, le chantier est le principal consommateur d’énergie. [ + ]
Chantier : Capacité du projet à limiter les nuisances
Conserver, c’est économiser du carbone. Dans un projet de construction, le chantier est le principal consommateur d’énergie. Les chantiers de restructuration durent généralement moins longtemps que ceux d’une démolition/reconstruction et la gestion des impératifs techniques (accessibilité, propreté, nuisances) est simplifiée.
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Le balcon. Éloge du déjà là. [ + ]
Le balcon. Éloge du déjà là.
Après cette longue période de confinement, où chacun a vécu sans échappatoire au plus près de son logement, il faut constater combien le vécu est différent entre un appartement sans prolongement extérieur et celui qui jouit d’un balcon. Parce qu’elle est triviale, cette relation domestique au dehors n’est pas suffisamment prise en considération.
Nous voyons, au contraire, le balcon comme le catalyseur d’une réflexion en profondeur sur la décompaction de l’immeuble de logement pour le rendre poreux, traversant, ouvert. Il accueille la nature « à tous les étages » et rend ainsi le logement hospitalier aux ambiances urbaines, au climat, aux saisons. Il a aussi été une pièce en plus bienvenue, dans laquelle on déplace des meubles de l’intérieur vers l’extérieur, servant tour à tour au repos, aux jeux des enfants et même au travail. Enfin, il a été le lien constant entre les espaces intimes et publics, l’entre-deux où s’affichent les voisinages reconquis et des sociabilités nouvelles. Faisons du balcon le fondamental d’un nouveau design architectural et urbain !
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Le marché habité, les personnes âgées L’espérance de vie augmente et interroge les modes d’habiter des populations vieillissantes : leurs déplacements, leurs lieux de sociabilité, de consommation, de loisir ou de rencontre. Le vieillissement de la population génère de fortes situations d’inégalité et de vulnérabilité. [ + ]
Le marché habité, les personnes âgées
L’espérance de vie augmente et interroge les modes d’habiter des populations vieillissantes : leurs déplacements, leurs lieux de sociabilité, de consommation, de loisir ou de rencontre. Le vieillissement de la population génère de fortes situations d’inégalité et de vulnérabilité. La question des déplacements et de l’autonomie des personnes âgées devient donc primordiale, dans la mesure où l’accès aux ressources du quotidien est limité. Esseulées et pour la plupart propriétaires, les personnes âgées vivent dans des appartements trop grands, sous-occupés et de moins en moins adaptés. Il est urgent de repenser la manière dont les ressources peuvent accompagner ces transitions de vie.
Nous proposons, pour prendre soin de ces populations vieillissantes, de réhabiliter et de surélever un marché vétuste, qui occupe une parcelle ordinaire d’une ville péri-urbaine. Les petits commerces ferment les uns après les autres et les distances qui séparent les logements des lieux de consommation doivent être aujourd’hui repensées. Comment peut-on recréer du lien à partir de ces objets urbains désertés ? Au-dessus du marché réhabilité se déploient des logements pour personnes âgées, des jardins potagers et des jardins communs, autour d’une grande terrasse partagée. Nous construisons un meccano de bois léger et entièrement démontable qui rend la surélévation simple ; elle est frugale et évolutive.
[ - ]La ville à hauteur d’enfants Confiné dans la sphère domestique et dans les aires de jeux récréatifs, l’enfant est à la fois la victime et le symbole de la sectorisation contemporaine des espaces. Pour que l’enfant devienne un acteur du monde urbain, le regard des concepteurs doit se mettre à sa hauteur. [ + ]
La ville à hauteur d’enfants
Confiné dans la sphère domestique et dans les aires de jeux récréatifs, l’enfant est à la fois la victime et le symbole de la sectorisation contemporaine des espaces.
Pour que l’enfant devienne un acteur du monde urbain, le regard des concepteurs doit se mettre à sa hauteur. L’enjeu est d’offrir aux enfants l’accès à de nouveaux usages, à une gamme plus riche d’interactions à travers des espaces, des formes, des matières et des échelles de perception.
Nous faisons de l’enfant un acteur d’accessibilité universelle : la ville à hauteur d’enfant est celle qui prend soin de toutes et tous, et notamment des plus vulnérables. À travers des espaces et des temps de partage, il s’agit créer des communs qui bénéficient aux enfants et aux adultes, et qui favorisent une relation interactive entre les individus et les générations. Nous en proposons quelques-uns : salles polyvalentes, « rue de l’école », places de parking, murs pignon, toits-terrasses, halls d’immeubles, locaux commerciaux vacants, cours d’immeuble. Autant d’occasions de créer des espaces pouvant être reconvertis, aménagés ou investis temporairement, propices aux interactions et à l’apprentissage de l’espace public et collectif, autant de seuils entre l’espace intime de l’appartement et l’espace de la vie publique.
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