



C COMME CULTURE « Qu’est-ce que la Méditerranée ? Mille choses à la fois, non pas un paysage, mais d’innombrables paysages, non pas une mer, mais une succession de mers, non pas une civilisation, mais des civilisations entassées les unes sur les autres. [ + ]
C COMME CULTURE
« Qu’est-ce que la Méditerranée ? Mille choses à la fois, non pas un paysage, mais d’innombrables paysages, non pas une mer, mais une succession de mers, non pas une civilisation, mais des civilisations entassées les unes sur les autres. Voyager en Méditerranée, c’est trouver le monde romain au Liban, la préhistoire en Sardaigne, les villes grecques en Sicile, la présence arabe en Espagne, l’Islam turc en Yougoslavie. C’est plonger au plus profond des siècles, jusqu’aux constructions mégalithiques de Malte ou jusqu’aux pyramides d’Égypte. C’est rencontrer de très vieilles choses, encore vivantes, qui côtoient l’ultra-moderne : à côté de Venise, faussement immobile, la lourde agglomération industrielle de Mestre ; à côté de la barque du pêcheur, qui est encore celle d’Ulysse, le chalutier dévastateur des fonds marins ou les énormes pétrolières. C’est tout à la fois, s’immerger dans l’archaïsme des mondes insulaires et s’étonner devant l’extrême jeunesse de très vieilles villes ouvertes à tous les vents de la culture et des profits qui depuis des siècles, surveillent et mangent la mer. Tout cela, parce que la Méditerranée est un très vieux carrefour. Depuis des millénaires tout a conflué vers elle, brouillant, enrichissant son histoire : homme, bêtes, voitures, marchandises, navires, idées, religions, arts de vivre. »
Braudel, La Méditerranée, tome 1, 1949
[ - ]« La ZAN va considérablement limiter nos disponibilités foncières et nous engage à développer dans les zones d’activités ce que l’on sait déjà faire dans les villes : la densité et la verticalité. Sur des terrains industriels où l’on conserve de l’activité, le raisonnement devient avec la ZAN exactement le même que celui des promoteurs avec le logement et les bureaux : densifier. [ + ]
« La ZAN va considérablement limiter nos disponibilités foncières et nous engage à développer dans les zones d’activités ce que l’on sait déjà faire dans les villes : la densité et la verticalité. Sur des terrains industriels où l’on conserve de l’activité, le raisonnement devient avec la ZAN exactement le même que celui des promoteurs avec le logement et les bureaux : densifier. Pour récupérer du foncier, il faut réussir par exemple à regrouper sur plusieurs niveaux les voitures, qui occupent aujourd’hui énormément d’espaces sur des parkings aériens étalés. On a progressivement rejeté l’activité à l’extérieur de la ville. Mais ce n’est pas le sens de l’urbain : on a besoin de mixité. La ZAN représente donc l’occasion d’explorer la verticalité pour apporter d’autres usages sur des lieux monofonctionnels, de la mixité programmatique mêlant de l’habitat, des commerces, du bureau, des équipements. »
Vincent Echenne, directeur du développement GSE, entretien du 28 juin 2023
[ - ]« Pendant la révolution industrielle, on n’avait pas hésité à créer des industries en plein centre-ville. Je pense que la vision qui présidait à cette époque était proche de celle que l’on doit porter aujourd’hui. [ + ]
« Pendant la révolution industrielle, on n’avait pas hésité à créer des industries en plein centre-ville. Je pense que la vision qui présidait à cette époque était proche de celle que l’on doit porter aujourd’hui. Il faut amener l’urbanité dans les zones d’activités : des véritables trottoirs, des socles en relation. Il faut veiller à ne pas déroger à la mixité des flux, des systèmes viaires. A partir du moment où l’on se trompe sur la taille du maillage, on se trompe sur beaucoup de choses, et on se trompe durablement. Il y a un déjà-là, une commercialité qu’il faut préserver et réussir à faire cohabiter avec une certaine forme d’habitat. Il faut transformer l’existant, oui, mais en étant lucides sur la qualité de l’existant, et ce qui a été construit n’est pas toujours au rendez-vous. On fait face à des hauteurs hybrides, des systèmes structurels qui ont une portance pas forcément adaptée à de l’habitat. »
Luca de Franceschi, directeur de l’architecture et du développement durable, I3F, entretien 14 septembre 2023
[ - ]« Le droit est une donnée indispensable, essentielle, dans la faisabilité et la réalisation d’un projet. En droit de l’urbanisme, le procès revêt un enjeu de blocage mais de moins en moins un enjeu couperet d’annulation. [ + ]
« Le droit est une donnée indispensable, essentielle, dans la faisabilité et la réalisation d’un projet. En droit de l’urbanisme, le procès revêt un enjeu de blocage mais de moins en moins un enjeu couperet d’annulation. En revanche, se greffe aujourd’hui sur des enjeux d’urbanisme une problématique d’acceptabilité sociale et environnementale. Il ne suffit plus que le projet soit d’intérêt général et qu’il permette donc des actes contraignants tels que l’expropriation, la préemption, la modification unilatérale des droits à construire – ce que permet démocratiquement et légalement un document d’urbanisme. Il y a un réel enjeu d’acceptabilité sociale des politiques locales, qui est complètement décoléré de la définition que l’on avait classiquement de l’intérêt général – non pas la somme des intérêts particuliers mais un intérêt supérieur qui participe au vivre-ensemble et à faire prévaloir le long terme. En somme, il ne suffit pas qu’un projet relève de l’intérêt général, qu’il soit légal ou démocratiquement validé pour qu’il soit réalisable, ou, comme le disait Bruno Latour, pour qu’il puisse « atterrir ». Voilà ce dont il faut être conscient pour appréhender la mutation des zones d’activités : l’intérêt général est obsolète. »
Bernard Cazin, Avocat spécialisé en droit de l’urbanisme, entretien du 22 juin 2023
[ - ]Le balcon. Éloge du déjà là. [ + ]
Le balcon. Éloge du déjà là.
Après cette longue période de confinement, où chacun a vécu sans échappatoire au plus près de son logement, il faut constater combien le vécu est différent entre un appartement sans prolongement extérieur et celui qui jouit d’un balcon. Parce qu’elle est triviale, cette relation domestique au dehors n’est pas suffisamment prise en considération.
Nous voyons, au contraire, le balcon comme le catalyseur d’une réflexion en profondeur sur la décompaction de l’immeuble de logement pour le rendre poreux, traversant, ouvert. Il accueille la nature « à tous les étages » et rend ainsi le logement hospitalier aux ambiances urbaines, au climat, aux saisons. Il a aussi été une pièce en plus bienvenue, dans laquelle on déplace des meubles de l’intérieur vers l’extérieur, servant tour à tour au repos, aux jeux des enfants et même au travail. Enfin, il a été le lien constant entre les espaces intimes et publics, l’entre-deux où s’affichent les voisinages reconquis et des sociabilités nouvelles. Faisons du balcon le fondamental d’un nouveau design architectural et urbain !
[ - ]Acceptabilité : Capacité du projet à créer du consensus Les opérations de construction se résument trop souvent au coût financier. Le coût global (social, écologique, culturel) n’est pas suffisamment pris en compte. [ + ]
Acceptabilité : Capacité du projet à créer du consensus
Les opérations de construction se résument trop souvent au coût financier. Le coût global (social, écologique, culturel) n’est pas suffisamment pris en compte. Conserver, c’est réduire l’empreinte environnementale, c’est éviter des traumatismes, c’est intensifier les relations.
[ - ]R COMME RESSOURCE Il y a sur le littoral abondance de constructions disponibles la plupart du temps. Que faire des dizaines de milliers de m2 vides neuf mois par an ? [ + ]
R COMME RESSOURCE
Il y a sur le littoral abondance de constructions disponibles la plupart du temps. Que faire des dizaines de milliers de m2 vides neuf mois par an ? La réponse est évidente, les habiter plus longtemps ! Le vide imposé par la basse saison devient un atout quand, pour la bonne gestion des ressources, il est vital d’utiliser l’existant et de réduire au minimum l’addition de constructions neuves. Le déjà-là c’est la mer, le grand ciel, le paysage ouvert, mais ce sont aussi des infrastructures dimensionnées pour la haute saison. Si on prend l’exemple de la station balnéaire de Narbonne, Narbonne-Plage, la population à l’année est de 3.500 habitants pour près de 40.000 résidents en saison. Si on rallonge le temps d’occupation, en s’appuyant notamment sur les nouveaux modes de travailler et d’habiter, on peut passer de 3.500 à 10.000 ou 20.000 habitants à l’année sans avoir besoin de nouvelles voiries, égouts, réseaux d’énergie : tout est déjà installé…
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