

La ville à hauteur d’enfants Confiné dans la sphère domestique et dans les aires de jeux récréatifs, l’enfant est à la fois la victime et le symbole de la sectorisation contemporaine des espaces. Pour que l’enfant devienne un acteur du monde urbain, le regard des concepteurs doit se mettre à sa hauteur. [ + ]
La ville à hauteur d’enfants
Confiné dans la sphère domestique et dans les aires de jeux récréatifs, l’enfant est à la fois la victime et le symbole de la sectorisation contemporaine des espaces.
Pour que l’enfant devienne un acteur du monde urbain, le regard des concepteurs doit se mettre à sa hauteur. L’enjeu est d’offrir aux enfants l’accès à de nouveaux usages, à une gamme plus riche d’interactions à travers des espaces, des formes, des matières et des échelles de perception.
Nous faisons de l’enfant un acteur d’accessibilité universelle : la ville à hauteur d’enfant est celle qui prend soin de toutes et tous, et notamment des plus vulnérables. À travers des espaces et des temps de partage, il s’agit créer des communs qui bénéficient aux enfants et aux adultes, et qui favorisent une relation interactive entre les individus et les générations. Nous en proposons quelques-uns : salles polyvalentes, « rue de l’école », places de parking, murs pignon, toits-terrasses, halls d’immeubles, locaux commerciaux vacants, cours d’immeuble. Autant d’occasions de créer des espaces pouvant être reconvertis, aménagés ou investis temporairement, propices aux interactions et à l’apprentissage de l’espace public et collectif, autant de seuils entre l’espace intime de l’appartement et l’espace de la vie publique.
[ - ]U COMME UTOPIE Sur une plage, pas très loin de Narbonne, construits à même le sable, hétéroclites mais impeccablement rangés sur une grille diagonale, plus de 1000 chalets composent un paysage attachant et fragile. Hissées sur pilotis, ces cabanes déclinent d’infinies et poétiques variations sur une architecture de bric et de broc, conçue au début du siècle pour les premiers bains de mer. [ + ]
U COMME UTOPIE
Sur une plage, pas très loin de Narbonne, construits à même le sable, hétéroclites mais impeccablement rangés sur une grille diagonale, plus de 1000 chalets composent un paysage attachant et fragile. Hissées sur pilotis, ces cabanes déclinent d’infinies et poétiques variations sur une architecture de bric et de broc, conçue au début du siècle pour les premiers bains de mer. Tôles ondulées, planches, volets découpés à même le bardage et se soulevant comme des sabords, balcons généreux d’où rebondissent les discussions d’une maison à l’autre, pilotis à l’ombre desquels se jouent les parties de boules : le précaire s’installe et fait la nique aux lourdeurs des architectures balnéaires autorisées qui bétonnent la côte. En dehors de tout règlement, utilisant des matériaux disponibles et des techniques modestes, s’esquisse ici un hymne à la liberté de construire, à une architecture de l’usage qui se moque des références, à une vie collective qui s’accommode de la densité horizontale… Une utopie ? Même si d’une saison à l’autre, rajouts et extensions remplissent peu à peu les pilotis, le lieu garde sa personnalité ; mais il suffirait d’un projet « urbain » normalisateur – toujours à craindre – pour que tout s’efface.
[ - ]

« Pendant la révolution industrielle, on n’avait pas hésité à créer des industries en plein centre-ville. Je pense que la vision qui présidait à cette époque était proche de celle que l’on doit porter aujourd’hui. [ + ]
« Pendant la révolution industrielle, on n’avait pas hésité à créer des industries en plein centre-ville. Je pense que la vision qui présidait à cette époque était proche de celle que l’on doit porter aujourd’hui. Il faut amener l’urbanité dans les zones d’activités : des véritables trottoirs, des socles en relation. Il faut veiller à ne pas déroger à la mixité des flux, des systèmes viaires. A partir du moment où l’on se trompe sur la taille du maillage, on se trompe sur beaucoup de choses, et on se trompe durablement. Il y a un déjà-là, une commercialité qu’il faut préserver et réussir à faire cohabiter avec une certaine forme d’habitat. Il faut transformer l’existant, oui, mais en étant lucides sur la qualité de l’existant, et ce qui a été construit n’est pas toujours au rendez-vous. On fait face à des hauteurs hybrides, des systèmes structurels qui ont une portance pas forcément adaptée à de l’habitat. »
Luca de Franceschi, directeur de l’architecture et du développement durable, I3F, entretien 14 septembre 2023
[ - ]K COMME KIOSQUE Par définition, les kiosques – comme ceux que l’on trouve généralement le long des promenades de bord de mer des stations méditerranéennes –, font appel à de la construction légère, démontable, et donc durable. Car ce qui dure, c’est ce qui est capable de changer. [ + ]
K COMME KIOSQUE
Par définition, les kiosques – comme ceux que l’on trouve généralement le long des promenades de bord de mer des stations méditerranéennes –, font appel à de la construction légère, démontable, et donc durable. Car ce qui dure, c’est ce qui est capable de changer. La pérennité de la construction s’avère de plus en plus problématique. Travailler sur les kiosques représente donc l’opportunité de réfléchir à l’occupation temporaire de l’espace littoral, soumis à un ensemble de contraintes et de risques toujours plus alarmants.
L’économie des ressources énergétiques et matérielles s’exprime à travers des modules à remplacer ou démonter en fonction du changement de destination future du bâtiment. Conscients que l’immuabilité des bâtiments contemporains ne peut être considérée comme elle l’était il y a 100 ans, et qu’il parait absurde de vouloir construire de manière pérenne dans un monde soumis à des évolutions difficiles à appréhender, nous plaidons pour une stratégie vertueuse, permettant à l’architecture de voir ses composants démontés, réutilisés et recyclés. Le foncier devient réversible, pas l’architecture. C’est ce que Jean Prouvé appelait « l’anticipation de la construction », que les anglophones interprètent en « conception design for deconstruction » ou « design for disassembly ». Il n’est pas question d’embrasser la question littorale par la monumentalité ou la pérennité de l’architecture, mais plutôt par ce qui en constitue l’ordinaire, le léger et le démontable.
[ - ]Les 23 riverains de la mer Méditerranée Albanie Algérie Bosnie-Herzégovine Chypre Croatie Egypte Espagne France Grèce Israël Italie Liban Libye Malte Maroc Monaco Monténégro Palestine Slovénie Tunisie Turquie Royaume-Uni (Gibraltar) Syrie [ + ]
Les 23 riverains de la mer Méditerranée
Albanie Algérie Bosnie-Herzégovine Chypre Croatie Egypte Espagne France Grèce Israël Italie Liban Libye Malte Maroc Monaco Monténégro Palestine Slovénie Tunisie Turquie Royaume-Uni (Gibraltar) Syrie
[ - ]ABCD Méditerranée Le littoral a connu depuis les années 1960 de profondes transformations dues à l’apparition du tourisme de masse. Dans la plupart des cas, ces transformations ont été vécues de façon négative : constructions excessives, disparition des paysages naturels, artificialisation des sols, saturation des sites ; autant de facteurs qui ont créé un sentiment de « bétonisation » de la côte. [ + ]
ABCD Méditerranée
Le littoral a connu depuis les années 1960 de profondes transformations dues à l’apparition du tourisme de masse. Dans la plupart des cas, ces transformations ont été vécues de façon négative : constructions excessives, disparition des paysages naturels, artificialisation des sols, saturation des sites ; autant de facteurs qui ont créé un sentiment de « bétonisation » de la côte. Pendant des années, le tourisme et l’aménagement du territoire ont été synonymes de sites abîmés et surutilisés.
Une prise de conscience s’opère, sur la toile de fond de la ville durable, pour mieux prendre un compte les attentes des citoyens, qui, s’ils sont touristes durant une période de l’année, sont également des habitants de plus en plus concernés par les enjeux environnementaux.
Aujourd’hui, la crise sanitaire amplifie encore le tropisme des populations urbaines vers le littoral. Il ne s’agit plus uniquement du temps des vacances mais le temps plus long du résidentiel complet ou partiel. Face à ce nouvel engouement, il importe de ne pas commettre à nouveau des erreurs.
Partout sur l’arc méditerranéen se posent les mêmes interrogations, qui concernent autant les risques environnementaux, l’intensification des usages et l’attrait sans cesse croissant des territoires littoraux. Comment intensifier les usages sans dénaturer et déséquilibrer les territoires ? Comment investir le littoral méditerranéen toute l’année, sans pour autant en épuiser le charme et les ressources ? Les territoires littoraux, à la fois désirés et menacés, représentent aujourd’hui l’opportunité d’inventer une ville durable et sensuelle.
[ - ]