



Il s’agit de faire de la gare un lieu connecté, ouvert sur la ville et le territoire métropolitain. Dans les représentations sociales que nous avons, le métro constitue une coupure dans la vie urbaine, une mise entre parenthèse liée à l’expérience de l’enfouissement sous terre. [ + ]
Il s’agit de faire de la gare un lieu connecté, ouvert sur la ville et le territoire métropolitain. Dans les représentations sociales que nous avons, le métro constitue une coupure dans la vie urbaine, une mise entre parenthèse liée à l’expérience de l’enfouissement sous terre. Pour remédier à ce sentiment de coupure, les gares doivent développer la qualité émotionnelle des espaces ainsi que les sensations positives de confort et de bien-être associées à l’expérience des transports. Mais elles doivent surtout trouver le moyen de faire entrer la ville. La présence de la ville au sein des différents espaces de la gare peut être révélée à partir de divers dispositifs sensibles. Citons-en ici quelques-uns à titre d’exemple : créer des puits de lumière afin de faire entrer la lumière naturelle dans la gare, ménager des vues extérieurs, rendre audibles certains bruits urbains, restituer les variations climatiques et les rythmes diurnes et nocturnes, créer des continuités sensorielles depuis l’émergence jusqu’au quai afin de ne pas segmenter le parcours, travailler le caractère sensible des parcours afin de ne pas les réduire à de simples flux, etc. Tous ces exemples rappellent que dans la gare, la ville peut être mise à portée des sens et se signaler à travers des lumières, des sons, des odeurs et des matières. Tout un monde urbain qui, en retour, accroit la finesse et la richesse de nos sensations, et apporte le bien-être résultant d’une perception vivante.
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Les paliers sont des espaces généreux, en double hauteur afin de participer à la lisibilité de l’espace vertical du puits. En effet la verticalité est visible, tout en évitant un effet vertigineux qui rend l’espace inconfortable et contribue à la perte de repère. [ + ]
Les paliers sont des espaces généreux, en double hauteur afin de participer à la lisibilité de l’espace vertical du puits. En effet la verticalité est visible, tout en évitant un effet vertigineux qui rend l’espace inconfortable et contribue à la perte de repère.
La verticalité mise en scène se fait donc de palier à palier.
Chaque palier est également une déclinaison de l’espace de l’amorce, car il permet à nouveau de s’orienter, de repérer les trois sortes de circulations.
Il est par ailleurs surtout dédié à un mouvement vertical fluide, et ne doit donc pas entraver la continuité des parcours : la possibilité de changement de direction ou de mode de circulation n’y est que mineur, et l’espace est surtout destiné à la continuité des cheminements.
Depuis chaque palier, le palier suivant est aperçu. Les espaces privilégient des doubles hauteurs qui rendent les parcours et les circulations visibles.
Les trois modes de circulations sont bien indiqués et hiérarchisés. La montée et la descente sont montrées sans ambiguïté, afin de ne pas créer de zones de turbulences dans les cheminements des voyageurs.
Une attention particulière est portée à la continuité de chacun des trois modes de circulations et à leur séparation les uns des autres, afin que les cheminements ne se confondent pas.
Sur les paliers, des zones ponctuelles de repos et d’orientations sont intégrées. La lumière y est suffisante sans être aveuglante.
L’accès au train marque un changement de rythme : le voyageur est transporté à travers le réseau du Grand Paris express. Dans le tunnel, l’ambiance lumineuse a changé, ainsi que la vitesse et la hauteur. [ + ]
L’accès au train marque un changement de rythme : le voyageur est transporté à travers le réseau du Grand Paris express. Dans le tunnel, l’ambiance lumineuse a changé, ainsi que la vitesse et la hauteur.
Il s’agit d’éviter le changement brutal d’ambiance, de luminosité et d’enfermement.
De même qu’entre l’intérieur et l’extérieur de la station on a préconisé une progression de la lumière naturelle à la lumière artificielle, il s’agira de créer une continuité entre le quai et le tunnel.
L’arrivée et le départ du train dans l’espace quai doivent être signifiés.
Dans la gare, le sentiment de bien-être que le voyageur doit ressentir dépend de son expérience personnelle et des ambiances architecturales. Elle repose aussi en grande partie sur les formes de sociabilités entre les voyageurs : leur capacité à être ensemble et à partager un même espace. [ + ]
Dans la gare, le sentiment de bien-être que le voyageur doit ressentir dépend de son expérience personnelle et des ambiances architecturales. Elle repose aussi en grande partie sur les formes de sociabilités entre les voyageurs : leur capacité à être ensemble et à partager un même espace.
Ce besoin de lien social est particulièrement important dans les gares dans la mesure où elles sont des lieux de flux, occasionnant parfois des sensations d’inconfort, de stress ou d’anxiété. De plus, pour certains voyageurs, l’expérience du métro est encore celle de l’engouffrement dans un monde souterrain qui serait soustrait à la vie urbaine. Ces représentations négatives doivent être prises au sérieux car elles grèvent la qualité des usages dans les gares.
C’est pourquoi il importe de développer dans la gare tout ce qui contribue à créer ou à maintenir de la relation entre les voyageurs. L’objectif est de favoriser le contact interpersonnel en toute circonstance, de permettre à tous les voyageurs de prendre leur place tout en donnant une place aux autres.
Une attention est également portée à la présence des nouvelles technologies dans la gare. Ce point est d’autant plus important que la gare, en tant qu’infrastructure, est appelée à recevoir des technologies que nous ne connaissons pas aujourd’hui. Elle doit ainsi garantir des usages évolutifs.
Au moment où chacun cherche à réconcilier les liens et les lieux, la gare apparaît comme l’espace par excellence qui expérimente de nouvelles façons d’être ensemble et qui met en place une nouvelle économie du partage – des espaces, des services, ressources. C’est pourquoi la question de l’accueil, du partage et de la convivialité en gare est au cœur d’une réflexion contemporaine sur la nature du lien social et de la capacité des espaces architecturaux à le renforcer.
LA GARE DU GRAND PARIS La charte d’architecture garantit une image harmonieuse du réseau de transport en commun du Grand Paris. Chaque gare possède son identité propre, en fonction de son territoire, dont elle exprime à la fois l’histoire et le devenir. [ + ]
LA GARE DU GRAND PARIS
La charte d’architecture garantit une image harmonieuse du réseau de transport en commun du Grand Paris. Chaque gare possède son identité propre, en fonction de son territoire, dont elle exprime à la fois l’histoire et le devenir. Cependant, toutes les gares doivent manifester une cohérence commune car elles appartiennent à un même réseau qui leur confère une identité collective.
L’identité des gares se décline à la fois à l’échelle métropolitaine et à l’échelle locale : faire partie du réseau et renforcer sa lisibilité tout en travaillant sa spécificité territoriale.
L’ensemble des gares se présente comme une « collection » de repères* urbains intégrés à leur contexte.
L’identité du réseau passe par des éléments constants présents dans chaque gare : les éléments de design, les produits et les éléments de signalétique. Mais elle est aussi inédite quant à la qualité et à l’attention portée aux usages, aux ambiances spécifiques à un équipement public de transport ainsi qu’à l’expérience des voyageurs.
C’est parce que l’expérience sensorielle permet de reconnaître de mémoriser un lieu, qu’il est essentiel de maîtriser de maîtriser les sens et l’ambiance lors de la conception.
